Nous sommes une famille
d'opticiens depuis trois générations et nous avons plusieurs centres
d'activités, en lunetterie, verres de contact, instruments optiques.
Un sujet monoculaire (borgne ou vision diminuée d'un
œil), comme nous l'avons déjà vu, est capable d'avoir une perception de
l'espace. Cette perception se fait en utilisant des facteurs dynamiques et des
facteurs perceptifs.
Facteurs dynamiques
Le sujet peut balayer la surface de l'objet. Pour voir
net chacun des points, il va devoir mettre en jeu une accommodation dépendant de
la distance du point à l’œil. L'analyse des variations de l'accommodation lui
permet une prise de conscience du relief de l'objet.
Lorsque le sujet déplace la tête, le déplacement apparent des objets, en sens
inverse de la rotation de la tête, va dépendre de leur distance à l’œil. Les
plus rapprochés semblent se déplacer par rapport aux objets éloignés (phénomène
de parallaxe monoculaire).
Facteurs perceptifs
Ces facteurs font appel aux connaissances acquises par
le système visuel.
- L'analyse du recouvrement des objets (l'objet proche masque les objets
éloignés) renseigne sur leur position relative dans l'espace.
- Les ombres portées et les ombres propres renseignent elles aussi sur la forme
des objets (on les utilise pour réaliser les peintures trompe l’œil qui donnent
l'illusion du relief).
- L'angle apparent sous lequel on voit les objets connus permet une appréciation
de leur distance.
- D'autres facteurs sont aussi utiles. Par exemple, dans le cas de l'observation
d'un paysage, on sait que les objets éloignés sont vus dans une sorte de brume.
Vision
binoculaire
Le sujet disposant d'une vision binoculaire va disposer,
pour chaque œil, des mêmes moyens que le monoculaire. Il va avoir à sa
disposition deux nouveaux moyens d'appréciation du relief.
Facteur dynamique
Lorsque le sujet fixe un point de l'objet, pour le voir
simple et net, il met en jeu l'accommodation et la convergence nécessaire. Comme
l'accommodation, la convergence nécessaire est fonction de la distance du point.
Lorsque le point de fixation balaye l'objet, la variation des valeurs prises par
le couple A-C va renseigner le sujet d'une façon plus précise que la seule
variation de A dont dispose le monoculaire.
Vision stéréoscopique
Les images rétiniennes droite et gauche ne sont pas
rigoureusement identiques car les deux yeux sont séparés par une distance de
l'ordre de 60 mm (parallaxe stéréoscopique). L'analyse de la disparité des deux
images par le cortex permet une prise de conscience du relief. Cette capacité
est la seule utilisée pour créer l'impression de relief lors de l'utilisation
d'un stéréoscope ou d'anaglyphes et dans le cinéma en relief. Les deux yeux
regardent des images planes légèrement différentes (les dissociateurs pouvant
être des systèmes optiques, des filtres rouge-vert ou polarisés).