LES ABERRATIONS DES VERRES OPHTALMIQUES
VERRES ASPHERIQUES CORRIGEANT L'APHAKIE
Professeur Mo Jalie
Technology. Cet article montre comment on peut utiliser des surfaces
asphériques pour améliorer les performances hors axe des verres fortement
convergents, tels que ceux servant à corriger l'aphakie.

Figure 1. Surface asphérique - ellipsoïde étendu.
Dans le domaine de la conception des verres, le terme " surface asphérique "
désigne généralement une surface symétrique, mais non sphérique, en rotation.
C'est le cas, par exemple, de l'ellipsoïde représenté sur la figure 1, créé par
une ellipse tournant autour de son diamètre principal. L'ellipsoïde appartient à
une famille de surfaces asphériques appelées collectivement " conicoïdes ", car
elles résultent de la rotation d'une partie conique autour de son axe x. La
surface sphérique entre elle aussi dans cette catégorie. Une ellipse tournant
autour de son axe x décrit un ellipseoïde. Si l'axe principal de l'ellipse est
horizontal, le solide ainsi obtenu est un ellipsoïde étendu. Si l'axe secondaire
est horizontal, on parle d'un ellipsoïde aplati. Une parabole tournant autour de
l'axe x décrit un paraboloïde, et une hyperbole génère un hyperboloïde.
CORRIGER L'APHAKIE AU MOYEN DE VERRES ASPHÉRIOUES

Figure 2. Verre asphérique + 12,00 dpt. A noter : pour une rotation de 20"
de l'oeil, la correction effective est de +12,001+0,50 et, à 30", elle
représente + 11,931+ 1,37.
La figure 2 montre les performances hors axe d'un verre +12,00 dpt comportant
des surfaces asphériques. On constate l'augmentation de la puissance
tangentielle et l'important astigmatisme d'aberration. A 35 ° par rapport à
l'axe optique, la puissance sagittale continue d'avoisiner +12,00 dpt, mais la
puissance tangentielle passe à environ +14,00. Sous cet angle, l'effet réel de
ce verre asphérique est de +11,91 avec un cylindre +2,00, et non la sphère
+12,00
prévue. Là, le verre présente un astigmatisme indésirable égal à 2,00 dpt. Si le
concepteur a la possibilité d'utiliser des surfaces autres que sphériques, il
peut éliminer l'astigmatisme des faisceaux obliques pour élargir
considérablement le champ de vision utile. Il y parvient en créant une surface
qui est elle-même astigmate, cet astigmatisme variant simplement pour compenser
l'astigmatisme d'incidence oblique. L'ellipse de est l'une des surfaces les plus
simples à créer pour apporter la bonne variation en neutralisant l'astigmatisme.
On comprend facilement ce processus en observant comment la forme de la surface
se modifie lorsque l'oeil s'éloigne du pôle de la courbe.

Figure 3. Comment une surface ellipsoloïdale corrige l'astigmatisme
d'aberration : A est le sommet de la courbe, Co le centre de courbure au sommet,
ACo le rayon de courbure au sommet, C1 P est un point
sur la courbe, PC,P est le rayon de courbure en P sur le méridien tangentiel, le
plan. CP se trouve sur la développée, et ~CB est le
lieu des centres de courbure sagittaux entre les points A et B. PC~P est le
rayon de courbure au point P sur le méridien sagittal, à angle droit par rapport
au plan. C~P se situe sur la développée, CoC1B, qui
est le lieu des centres de courbure sagittaux entre les points A et B.
La figure 3 fait apparaître les centres instantanés de courbure pour le point
P, sur un ellipsoïde étendu. Elle illustre également les développées (lieux des
centres de courbure) concernant la section AB. On constate l'augmentation des
rayons de courbure tangentiel et sagittal, c'est-à-dire que les puissances
tangentielle et sagittale diminuent, mais le rayon tangentiel évolue plus
rapidement que le rayon sagittal.
L'observation attentive de la figure 2 confirme qu'une plus nette réduction
de la puissance tangentielle est précisément ce qu'il faut pour remédier à
l'astigmatisme d'aberration sur ce verre. En choisissant avec minutie
l'excentricité de l'ellipsoïde, il est possible de supprimer l'astigmatisme des
faisceaux obliques dans de larges zones. Les verres asphériques tels que ceux
nécessaires pour corriger l'aphakie comportent généralement un ellipsoïde étendu
convexe, ce qui, après une ablation du cristallin, élimine l'astigmatisme des
faisceaux obliques.

Figure 4. Verre +12,00 dpt à ellipsoïde étendu convexe. A noter : pour une
rotation de 20" de l'oeil, la correction effective est de +11,68 01+0,50 et, à
30", elle représente sph. +11,68 et, à 30", sph. + 11,33.
On peut juger de l'amélioration des performances hors axe sur la figure 4,
qui représente la variation, zone par zone, de la puissance oblique de la sphère
passant par le sommet d'un verre +12,00 dpt à image ponctuelle, avec courbe
intérieure de -3,00 dpt et surface frontale ellipsoïdale correctement choisie,
dont la valeur p atteint +0,65. On constate que les puissances obliques
tangentielle et sagittale restent inchangées dans toutes les zones jusqu'à 40",
mais les performances de ce verre sont loin d'être parfaites. La puissance
oblique moyenne, qui est à présent égale aux puissances obliques tangentielle et
sagittale, chute rapidement à mesure que le regard s'éloigne de l'axe optique du
verre. Cette perte de puissance, appelée aberration réfractive, est proche de
1,00 dpt à 35" par rapport à l'axe optique, mais au moins l'erreur au niveau des
performances hors axe est sphérique. Bien s0r, dans l'idéal, le concepteur des
verres pourrait accroître la puissance marginale de la forme asphérique pour
permettre une correction constante dans toutes les zones. La nette diminution de
la puissance tangentielle a un avantage pour les puissances de verres de cette
catégorie : elle réduit les distorsions comme une forme sphérique.
20/20 05/02
