LES QUALITÉS PHYSIQUES DE LA MATIÈRE OPTIQUE DU VERRE
OPHTALMIQUE:
Matériaux à indice standard
Les matériaux à indice standard sont ceux dont l'indice de réfraction n est
supérieur ou égal à 1.48, mais inférieur à 1.54, selon la norme britannique BS
7394, Partie 2, Spécification for complète spectacles (spécifications pour
lunettes complètes). Les données physiques des matériaux blancs à indice
standard actuellement proposés sur le marché ont été présent~es dans la partie
de cette série d'articles (20/20 Europe de janvier/février 2002, pp. 48- 51,
tableau 1).

Rappelons que ces matériaux existent également en version
photochromique. Pour bien comprendre les propriétés mécaniques des verres de
lunettes réalisés dans ces divers matériaux, le mieux est de se reporter au
tableau 1 ci-après, qui compare l'épaisseur au bord et le poids de verres de
-5,00 dioptries (dpt) de forme circulaire et de 40 à 70 mm de diamètre.
Ce tableau donne des informations intéressantes sur la variation de
l'épaisseur et du poids de verres correcteurs complets, ainsi que plusieurs
paramètres susceptibles d'orienter utilement la vente. Par exemple, si l'on
maintient un diamètre relativement petit, il n'y aura guère de différence de
poids entre le CR 39 et un minéral, étant donné l'accroissement de l'épaisseur
au bord nécessaire pour le premier. En revanche, les organiques plus rigides,
tels que le Trivex e ou le Spectralite, permettent d'obtenir des verres près de
deux fois plus légers que le CR 39 ou qu'un matériau minéral.
Plus le diamètre augmente, plus l'avantage des organiques sur les minéraux
devient manifeste en termes de poids. Ce tableau permet également de constater
l'incidence du diamètre sur le poids du verre. Considérons le verre crown
(1.52312.54) :lorsque son diamètre est porté de 40 à 50 mm, l'épaisseur au bord
augmente de 40 % et le poids double. Si l'on fait passer le diamètre de 50 à 60
mm, l'épaisseur au bord s'accroît de nouveau de 40 %, et, là encore, le poids
est multiplié par deux. Avec un diamètre de 60 mm, l'épaisseur au bord est
quasiment deux fois plus élevée et le poids quatre fois supérieur par rapport à
un diamètre de 40 mm ! Même si notre tableau n'envisage que des verres de -5,00
dpt, ces tendances sont valables pour toutes les puissances.
ABERRATION CHROMATIQUE TRANSVERSALE
D'après la norme BS 7394, partie 2, les matériaux dont le nombre d'Abbe est
supérieur à 45 sont dits " à faible dispersion ". C'est le cas de tous les
matériaux à indice standard. La dispersion produite par un verre (aberration
chromatique transversale, ou ACT) ne pose normalement pas problème tant qu'elle
n'excède pas environ 0,15 On considère généralement que le seuil moyen de l'ACT
est de 0,1Δ.
Il est peu probable que le porteur ressente une gêne si l'ACT est
inférieure à 0,1Δ Pour un matériau dont le
nombre d'Abbe est de 45, l'ACT atteint 0,15Δ
lorsque reflet de prisme représente 6,75Δ.
Sur un verre de 2,00 dpt, un prisme aussi considérable n'apparaît qu'à partir du
moment où l'oeil regarde un point distant d'environ 34 mm du centre optique !
Sur un verre de 6,00 dpt, ce phénomène se produirait à quelque 11 mm. Le nombre
d'Abbe avoisine 59 sur le crown ordinaire et le CR 39, organique en résine dure.
L'expérience montre que les porteurs de verres fabriqués dans ces matériaux à
faible dispersion ne se plaignent pratiquement jamais de franges chromatiques ou
de flou hors axe.
MATÉRIAUX PHOTOCHROMIQUES ET TEINTÉS A INDICE STANDARD
Tous les matériaux à indice standard répertoriés au tableau 1 sont
disponibles en version photochromique ou teinté. Le Photogray et le Photobrown
Extra de Corning sont les deux photochromiques en verre crown minéral les plus
utilisés. Des photochromiques organiques sont également disponibles dans chacun
des matériaux figurant sur le tableau. Il s'agit notamment des Transitions III
ou des Transitions ® Next Generation de
Transitions Optical. On rend un matériau photochromique en lui faisant absorber
une certaine teinte ou en appliquant une couche spéciale à la surface du verre.
Il est également possible de réaliser un organique entièrement photochromique.
Le crown existe en plusieurs teintes fixes, allant du blanc, qui offre certaines
caractéristiques d'atténuation des UV (verre UV400), au brun, en passant par le
gris, le vert, le jaune ou le violet. Les verres minéraux peuvent, eux, recevoir
sous vide un film métallique qui déviera les rayons nocifs. Ces deux matériaux
sont également disponibles dans diverses teintes. Les organiques peuvent être
colorés dans un bain photographique, ce qui permet de créer toutes les teintes
possibles, notamment des dégradés et des effets arc-en-ciel. Il existe par
ailleurs plusieurs types de verres organiques polarisants qui limitent
l'éblouissement direct, tout en offrant un grand pouvoir d'absorption dans le
spectre visible.
TRAITEMENTS POUR MATÉRIAUX A INDICE STANDARD
Tous les matériaux à indice standard peuvent recevoir, sous vide poussé,
plusieurs couches anti-reflets. Sur des verres blancs ainsi traités, le taux de
transmission de la lumière peut atteindre 99 %, grâce à l'amélioration des
contrastes et à l'élimination des images fantôme qui sont fréquentes avec les
verres non traités. On peut doter les organiques de couches dures résistantes à
l'abrasion, au moyen de différentes techniques : application d'un vernis
polysiloxane par trempage ou par centrifugation, traitement directement lors du
moulage du verre ou dépôt sous vide de couches semblables à du quartz. La
plupart des multicouches reçoivent un film superficiel antistatique et
hydrophobe, qui contribue à préserver la transparence et facilite le nettoyage
des verres.
20/20 03/2003
