CORRECTION OPTIQUE
Verres Organiques
Traitement de surface
Les
traitements antirayures, antireflets (AR) et hydrophobe peuvent certes être réalisés
séparément, mais les fabricants de verres ont tendance à proposer des
solutions complètes. Cela se justifie pleinement car les traitements de surface
constituent une composante essentielle des verres de qualité.
Même
s'il est toujours possible de n'avoir qu'une couche dure, les revêtements AR
modernes se composent généralement à la fois d'une couche dure et d'un revêtement
hydrophobe, ce qui permet d'augmenter spectaculairement les ventes des AR. En
effet, la présence d'une couche dure améliore les performances du traitement
antireflet. Les opticiens n'ont plus à s'inquiéter de la solidité et de la résistance
aux rayures des verres. Les AR proposés par des fabricants de renom disposent
du savoir-faire et du personnel nécessaire pour offrir en permanence des
produits de qualité.
COUCHES
DURES ET MATÉRIAUX POUR VERRES:
LES TECHNIQUES
On peut appliquer une couche dure sur des verres en plastique ou en
résine de différentes manières:
- Par centrifugation (revêtement sur une seule face, en général)
- Par trempage sur les deux faces
- Par absorption (procédé s'apparentant à la teinture)
- Par dépôt sous vide (conjugué à un traitement AR)
- Directement lors du moulage du verre (technique utilisée par
les entreprises de coulage de verres).
CENTRIFUGATION ET TREMPAGE
Le plastique, dont la structure chimique est non réticulée, est
extrêmement souple, et il est donc essentiel de le durcir sur ces
deux faces (le polycarbonate est le type de
plastique le plus fréquemment utilisé pour les verres ophtalmiques}.
En raison de leur réticulation, les résines résistent nettement
mieux à l'abrasion. Relativement
dures, les résines à faible indice (1.5), telles que le CR39, ne
doivent pas forcément être durcies, contrairement à la plupart de
celles à indice élevé.
Les produits chimiques servant à créer une couche dure se classent
dans deux grandes catégories: les thermodurcissables et ceux qui se
prêtent à un durcissement aux ultraviolets (UV). Il n'y a pas
beaucoup de différence entre ces deux familles lorsqu'elles sont
utilisées pour un revêtement dur. En revanche, si ces substances
doivent constituer la base d'un traitement AR ultérieur, le
durcissement thermique est généralement préférable.
La capacité des couches dures a recevoir une coloration ne dépend
pas de la méthode de traitement, mais de la chimie du vernis. En
principe, les couches dures pouvant
être teintées sont plus souples que les autres et ne forment pas une
base acceptable pour un traitement AR.
L'indice de réfraction de la couche dure est un point rarement
mentionné. Il revêt pourtant une importance croissante car,
aujourd'hui, on applique des revêtements sur de plus en plus de
matériaux à haut indice. Par ailleurs, les couches dures peuvent
créer des interférences avec les longueurs d'ondes. Ces
interférences sont souvent très visibles lorsqu'un revêtement AR a
été appliqué. Elles produisent des effets variables d'une zone à
l'autre, en fonction du trempage. Toute lumière essentiellement
monochromatique (par exemple fluorescente) a tendance à les
amplifier: un arc-en-ciel apparaît alors sur la surface du verre.
COUCHES DURES DURClES AUX UV
Les couches dures durcies aux UV ayant l'avantage de sécher
rapidement (habituellement en moins d'une minute), elles sont très
appréciées par les laboratoires qui doivent livrer des verres dans
de brefs délais. Elles sont également particulièrement adaptées à la
centrifugation de la face intérieure des semi-finis (à face
extérieure déjà traitée) que nombre de laboratoires utilisent. Une
nouvelle catégorie de couches dures durcies par "fusion" existe
désormais. Apparemment, elle allie fa simplicité et la rapidité du
durcissement aux UV aux hautes performances normalement obtenues
avec le durcissement thermique.
COUCHES DURES DURCIES PAR VOIE THERMIQUE
Suite à la demande croissante de revêtements AR et de matériaux à
indice élevé, le trempage pour l'application de couches thermo
durcies est de plus en plus répandu. Bien
que plus lent que la centrifugation aux UV, il permet de traiter de
plus grandes quantités de verres, pour un coût de main-d'oeuvre
moins élevé. Auparavant uniquement réservés aux très grosses
entreprises de moulage, les équipements de trempage existent
aujourd'hui dans de plus petites dimensions. Ils comportent
plusieurs cuves, pour les vernis correspondant aux différents
indices.
LES AUTRES TECHNIQUES
Outre le trempage et la centrifugation, les autres techniques les
plus couramment utilisées sont au nombre de trois. La première,
l'absorption, consiste à immerger le verre dans un produit chimique
spécial qui est absorbé par la surface du verre, dont il améliore la
résistance à l'abrasion. Avec la deuxième, le dépôt sous vide, une
couche de silice relativement épaisse est formée ~ l'intérieur d'une
installation sous vide l'on crée de même les revêtements AR). Il est
tout à fait logique d'appliquer conjointement une couche dure et un
revêtement AR, car cette opération prend à peine plus de temps que
la réalisation d'une couche dure séparément.
La troisième technique, le moulage, ne s'adresse qu'aux entreprises
de coulage de verres. En général, les revêtements ainsi obtenus ne
peuvent pas être teintés, et ils sont appliqués sur la face
intérieure des semi-finis.
L'ADHÉRENCE DES COUCHES DURES
La couche dure et le verre de base n'ayant pas une structure
chimique identique, il peut arriver que leur coefficient de
dilatation thermique ne soit pas non plus le même. Pour une
adhérence durable, on fait souvent appel à une liaison chimique et
physique. Même si les couches dures posent rarement problème, des
difficultés peuvent survenir si elles reçoivent un revêtements AR.
Un revêtement AR inorganique peut en effet exercer une contrainte
supplémentaire considérable sur une couche dure organique. Il est
donc indispensable de veiller a ce que l'adhérence du premier sur la
seconde, ainsi que l'adhérence de celle-ci sur le verre, sont
capables de résister à la température, à l'humidité et à d'autres
facteurs environnementaux, sur toute la durée de vie du produit.
Les grands fabricants de verres correcteurs ont mis au point de
nombreux tests pour évaluer la solidité des revêtements, et des
études sont en cours pour inclure certains de ces tests dans les
normes internationales. Par conséquent, toute entreprise qui réalise
des revêtements doit maîtriser l'ensemble des facteurs variables,
notamment la dégradation du vernis, et procéder régulièrement à des
tests d'adhérence, ainsi qu'à des simulations des phénomènes de
vieillissement.

Les
résines à indice élevé et tous les plastiques doivent recevoir une couche
dure de protection.
(La
différence entre une résine et un plastique tient à ce que la résine est
obtenue par moulage grâce à un processus chimique qui provoque une réticulation
moléculaire, tandis qu'un plastique est préformé par voie chimique, puis moulé
par injection.) Les résines à indice élevé sont généralement souples et
possèdent un nombre d'Abbe inférieur. Les plastiques, dont le polycarbonate,
sont encore plus souples, d'où la nécessité d'un vernis dur pour protéger la
surface de l'usure.
Les
couches dures peuvent être appliquées de diverses manières. Dans la plupart
des cas, le verre est trempé dans un bain de polysiloxane, le vernis composé
d'une polymère contenant des molécules de silicium. La couche qui en résulte
a une épaisseur de quelques microns seulement.
Cela
est suffisant pour améliorer la résistance à l'abrasion et de limiter les
rayures que les porteurs font tous les jours en nettoyant leurs lunettes, tout
en étant assez souple pour pouvoir plier le verre légèrement.

Les
multifocaux sont souvent livrés avec une couche dure sur la surface extérieure
du produit semi-fini. Une couche dure est ensuite appliquée sur la face intérieure
par le laboratoire qui effectue la correction des verres. La première couche
destinée à la face extérieure peut être réalisée pendant le moulage, lors
de la fabrication du verre.
La
solidité et l'adhérence des couches dures sont essentielles, étant donné le
nombre croissant de matériaux à indice élevé actuellement sur le marché.
Les laboratoires doivent faire en sorte qu'une couche dure adaptée soit appliquée
aux différents matériaux de base. L'indice de cette couche doit correspondre
à celui du substrat. La plupart des grands fabricants utilisent des couches
dures ‘à correspondance d indice' pour éviter les problèmes en cas
d'incompatibilité entre le substrat et le revêtement.

La
préparation chimique a souvent une importance critique, car l'adhérence se
fait en général par liaison chimique. Celle-ci doit être renforcée s'il faut
également appliquer un revêtement AR.
REVÊTEMENT
ANTIREFLET
En pénétrant dans un matériau optique,
la lumière voit sa vitesse de propagation se modifier, ce qui produit une réflexion.
Plus l'indice de réfraction est élevé, plus la réflexion est importante.
Elle est généralement de 8 % pour un indice de 1.5, de 10% pour 1.6 et de 13%
pour 1.7.
On
sait que la couche AR améliore les performances visuelles. En effet, en réduisant
les reflets, elle accroît la transmission de lumière par le verre. Cependant,
moins la réflexion est importante, plus les poussières et les défauts du
verre sont visibles, plus il est difficile de garder l'aspect de propreté du
verre. Un compromis est donc nécessaire. Au lieu de se concentrer sur les
reflets, le marketing devrait peut-être se concentrer sur la facilité
d'entretien du verre traité AR. Autrefois, ce type de surface avait pour inconvénient
de se rayer facilement, de présenter une adhésion médiocre et d'être
difficile à nettoyer.
Aujourd'hui,
la technologie moderne a réussi à surmonter ces problèmes. Grâce aux
nouvelles méthodes d'application, il n'y a plus de raison de ne pas appliquer
ce traitement.
Une
couche dure forme une base solide pour le revêtement AR, une interface entre le
plastique (organique) et le matériau AR (inorganique). Vous pouvez penser que
la couche dure sous le revêtement AR ne peut empêcher les rayures et que sa présence
ne se justifie donc pas. Mais elle a l'avantage de renforcer la résistance à
l'usure et l'adhésion. C'est comme écrire sur une feuille de papier posée sur
un bureau plutôt que sur un coussin.
La
couleur du reflet produite par un revêtement AR dépend de l'indice du matériau
pour le verre utilisé. On le remarque particulièrement avec les bifocaux sans
ligne de démarcation au milieu du verre. La couleur est différente dans la
zone à indice élevé. On observe un effet analogue lorsque l'indice de réfraction
de la couche dure est différent de celui du verre. En particulier, lorsque la
couche dure de la surface extérieure n'a pas le même indice que celle de la
surface intérieure, la couleur de la réflexion est différente pour les deux
surfaces. C'est la raison pour laquelle de nombreux laboratoires préfèrent désormais
utiliser des verres semi-finis sans revêtement et appliquer simultanément la même
couche dure des deux côtés du verre, par trempage.
Lorsqu'il
existe une différence d'indice de réfraction entre la couche dure et la base
du verre, un reflet se produira également à l'interface. Ce phénomène peut
provoquer une interférence optique. De même, de légères variations d'épaisseur,
dues au manque d'homogénéité du processus de trempage, peuvent faire apparaître
des interférences sur les bords.
Les
couches antireflets
peuvent être simples, multiples ou/et antipluie.
Cela permet un nettoyage plus facile. Avec les couches antireflets, le
nettoyage des verres doit être fait avec des tissus
micronisés spéciaux.
Les
couches antireflets permettent de voir vos
yeux à travers les lunettes. Elles diminuent
ou annulent le reflet des lampes ou des phares de
voiture pour conduire la nuit.
Verre anti-reflets -- sans
anti-reflets
COULEUR
PRODUITE PAR LE TRAITEMENT AR
On
pourrait penser que le revêtement AR ne produit pas de reflets colorés. Ce
n'est pas correct. Etant donné qu'un revêtement monocouche ne peut être
optimisé que pour une longueur d'onde (donc une couleur), plusieurs couches
sont nécessaires pour parvenir à une réflexion faible sans couleur résiduelle
trop marquée. Dans la pratique, il est très difficile d'aboutir à une couleur
neutre (blanc), car cela demanderait un grand nombre de couches et l'épaisseur
de chacune d'entre elles devrait être déterminée avec une extrême précision.
Les
anciennes techniques avaient tendance à réduire la réflexion au centre du
spectre visible, avec comme couleurs résiduelles le bleu/violet et le rouge/doré.
Les revêtements modernes multicouches (à large bande) laissent en général
une certaine réflexion dans la zone centrale du spectre, produisant une couleur
verte. Mais il existe également des revêtements multicouches bleu/lila.
La
visibilité de la couleur résiduelle a une importance pratique et commerciale.
COUCHE
HYDROPHOBE
L'objectif
premier de la couche hydrophobe est de repousser l'eau grâce à un processus électrochimique
de répulsion moléculaire, ce qui évite que les gouttes d'eau laissent des
traces. Ce traitement invisible permet également d'éviter les taches de
graisse, ce qui facilite le nettoyage des verres. Par conséquent, le porteur a
moins souvent besoin de nettoyer ses verres, et donc moins de risques de les
rayer.
La
couche hydrophobe est très mince, de l'ordre de quelques molécules. Elle
n'interfère donc pas avec le revêtement AR. Même si l'application de certains
revêtements hydrophobes peut s'effectuer par simple trempage dans l'atelier de
l'opticien, la plupart des procédés font maintenant partie intégrante du
traitement AR sous vide. Les verres gardent ainsi leur aspect propre plus
longtemps.
Le
choix de revêtement dépend de différentes questions techniques et de normes
de qualité. Comment quantifier la résistance relative à l'abrasion de différentes
couches dures, ainsi que la solidité et la facilité d'entretien de différents
revêtements AR? Il est vrai que ces propriétés sont difficiles à mesurer.
Cette question fait l'objet de nombreux débats dans les conférences sur les
normes nationales et internationales.
Le
client devra choisir simplement entre un revêtement AR ou une couche dure, et
laisser la question plus épineuse de la marque à l'expertise du professionnel.
Les grandes marques proposent toutes les trois éléments essentiels: la couche
dure, le traitement AR à large bande et la couche hydrophobe.
Le
dépôt plasmatique d'ions tend à compacter la couche du traitement sur la
surface du verre. Pour obtenir une uniformisation de la couche, la source d'ion
est placée prés du bord de la chambre de traitement, pour permettre aux
faisceaux étroits d'ion de diffuser dans la chambre.
La
puissance du canon à ion doit être limitée, car une trop grande puissance
peut endommager la surface du verre. Il existe aussi des techniques pour créer
un plasma à forte énergie sans endommager la surface du verre. On a développé
des chambres de traitement qui permettent l'application d'une couche hydrophobe.
Le résultat? Un nettoyage plus facile des matières grasses. Cette dernière
couche peut être appliquée de deux manières. La façon la plus facile est de
tremper le verre dans une solution hydrophobe et de faire évaporer le solvant.
Ceci
produit a un bon effet, mais n'est pas durable. L'autre solution est de
l'appliquer la couche hydrophobe avec l'équipement sous vide et la chambre à
ion. Toutes les meilleures marques proposent trois types de couches, une couche
de durcissement(verres cr39), une couche antireflet et une couche hydrophobe.
Le
client devra choisir simplement entre un revêtement AR ou une couche dure, et
laisser la question plus épineuse de la marque à l'expertise du professionnel.
Les grandes marques proposent toutes les trois éléments essentiels que sont la
couche dure, le traitement AR à large bande et la couche hydrophobe.
Le dépôt plasmatique de ions tend à compacter la
la couche du traitement sur la surface du verre. Pour
obtenir une uniformisation de la couche, la source de ion
est placée prés du bord de la chambre de traitement, pour
permettre au faisceaux étroit de ion de diffuser dans la
chambre.
La puissance du canon à ion doit être limité, car une
trop grande puissance peut endommager la surface du verre.
Avec une autre technique. Il existe des techniques pour
créer un plasma à forte énergie sans endommager la
surface du verres. Il a été développé des chambres de
traitement qui permettent l'application d'une couche hydrophobe
et permettant un nettoyage plus facile des matières grâces.
Cette dernière couche peut être appliquée de deux
manières. La façon la plus facile et de tremper le verre
dans une solution hydrophobe, et ensuite d'évaporer le solvant.
Ceci produit un bon effet mais pas durable. L'autre
solution est d'appliquer avec l'équipement sous vide et la
chambre à ion, la coucher hydrophobe. La couche hydrophobe
permet d'avoir une surface plus lisse permettant un
nettoyage plus facile et maintient la surface plus propre.
Toutes les meilleures marques proposent des couches avec
trois type de couches, une couche de durcissement( verres
cr39), une couche anti-reflets et une couche
hydrophobe.
REVÊTEMENTS ET NORMES DE QUALITÉ
Même si les fabricants utilisent toute une palette de méthodes d'essais
lorsqu'ils appliquent les revêtements, il reste encore beaucoup à faire pour
élaborer des normes objectives et internationalement reconnues concernant la
résistance des couches dures à l'abrasion, la réflexion des revêtements
anti-reflets (AR) et l'adhésion et la durabilité de tous les traitements de
surface.
Ces dernières années, de nombreux travaux ont été menés afin d'élaborer
des normes mondiales communes pour les verres ophtalmiques. Les verres et les
montures ont toujours été des activités de portée internationale, et il est
donc logique et bénéfique pour l'ensemble du secteur que les normes CEN
(européennes) et ISO (internationales) soient harmonisées. Il a été
relativement simple de fixer des normes de qualité pour les verres (en termes
de puissance de correction, de précision, notamment). Les nombreuses normes
nationales en vigueur depuis un certain temps ont permis de déterminer des
critères et des méthodes d'essais appropriés pour les verres. Cependant, la
situation est différente en ce qui concerne les revêtements. En effet, il
existe très peu de normes nationales, et les normes et méthodes d'essais
utilisées par les différentes entreprises varient considérablement. Cela
s'explique en partie par le fait que les revêtements sont des produits
relativement récents.
Mais les principaux obstacles à l'établissement de normes sont les
difficultés pratiques que pose la quantification de valeurs telles que la
dureté ou la durabilité des revêtements.
QU'ENTENT-ON PAR QUALITÉ DU REVÊTEMENT?
La perception de la qualité que peut avoir celui qui porte les lunettes, en
particulier concernant les revêtements, peut être très différente de celle
des professionnels. Le client peut en effet imaginer que "résistant à
l'abrasion" signifie qu'il est absolument impossible de rayer le matériau,
que "anti-reflets" veut dire qu'il n'y a absolument aucun reflet et
que "facile d'entretien" évite d'avoir à nettoyer les verres.
Même si le mécontentement des utilisateurs concernant les performances des
revêtements pouvait autrefois se justifier, les procédés actuels (couches
dures en polysiloxane, traitements AR par ionisation ou par projection plasma et
couches hydrophobes modernes) permettent aux verres de mieux résister au temps
et d'offrir une meilleure qualité de vision. Le problème reste de déterminer
les méthodes d'essai satisfaisant aux normes exigées par le marché.
QUELLES SONT LES QUALITÉS ESSENTIELLES D'UN REVÊTEMENT?
Outre la solidité et la réduction des reflets, il est important que les
revêtements respectent les propriétés optiques fondamentales (clarté et
puissance) du verre. Les 'verres dotés d'un revêtement doivent donc tout
d'abord répondre aux critères de performance des verres sans revêtement.
La qualité première d'une couche dure est la résistance à l'abrasion,
difficilement mesurable. Mais l'adhésion du revêtement à la base du verre est
peut-être encore plus '. importante, notamment la durabilité de cette
adhésion, en particulier dans des conditions de température et d'humidité
variables.
Les critères ci-dessus doivent être satisfaits pour les revêtements AR. Il
convient aussi de quantifier la valeur de la réflexion, tâche plus difficile
qu'on ne pourrait le penser. Concernant l'adhésion, les difficultés
proviennent des différences de structure chimique des couches AR et des
matériaux organiques. En effet, le revêtement AR a une structure inorganique
tandis que la plupart des plastiques et des couches dures sont organiques. La
température, l'humidité et la lumière UV peuvent donc avoir des conséquences
sur l'adhésion. Le processus doit garantir une liaison solide et durable entre
ces deux éléments.
QUALITÉS DU REVÊTEMENT FACILEMENT MESURABLES
Les revêtements ne doivent pas compromettre les propriétés optiques du verre.
C'est pourquoi les verres dotés d'un revêtement doivent obligatoirement
répondre aux mêmes exigences que les verres qui en sont dépourvus. Des normes
CEN et ISO de ce type existent déjà.
On sait bien que la présence d'un revêtement peut amoindrir la résistance
aux chocs d'un verre. Cependant, à l'exception des cas dans lesquels cette
résistance constitue un aspect important (sport) ou est imposée par la loi (États-Unis),
cela ne constitue pas un problème majeur.
20/20 08/01
REVÊTEMENTS ANTI-REFLET ET HYDROPHOBE
Les principaux fabricants de verres et de lunettes de soleil, qui appliquent
des revêtements sur un grand nombre de verres de type, de taille et de forme
similaires, utilisent souvent un équipement spécialement conçu pour minimiser
les coûts de traitement unitaires. Dans les laboratoires, le mot d'ordre est la
rapidité de l'opération, indépendamment de la forme, de la taille, de l'indice
de réfraction et du substrat.
Pour des raisons d'économies d'échelle, la capacité de traitement des
équipements anti-reflet (AR) doit être relativement grande. En effet, de
nombreuses machines peuvent aujourd'hui traiter plus de 100 verres par cycle.
Depuis quelques années, des efforts sont déployés pour proposer du matériel
mieux adapté à tous les laboratoires indépendants, comme le Satis MC et le
Leybold CCS.
LES MÉTHODES
Les techniques et équipements utilisés pour l'application de revêtements AR
ne diffèrent pas considérablement les uns des autres. Les seules différences
tiennent souvent aux méthodes de nettoyage et de préparation, à la température à
l'intérieur de la machine, et, dans certains cas, à l'application d'une mince
couche adhésive avant le traitement AR.

Satis Vacuum MC Lab 360 (photo courtesy of Satis Vacuum)

An Applied Vision plasma AR machine (photo courtesy of Applied Vision)
Après nettoyage manuel et à ultrasons. les verres sont placés sur des
supports. Les verres organiques sont ensuite chauffés afin de supprimer tout
excès d'humidité. On créé le vide à l'intérieur de la chambre de dépôt. Les
anciennes méthodes par évaporation utilisaient des bacs remplis de matériau de
revêtement chauffé électriquement ou à l'aide de faisceaux d'électrons. Le
matériau s'évaporait et traversait le vide pour se déposer sur le verre.
La technologie actuelle fait appel à l'évaporation ionique. Les molécules du
revêtement acquièrent davantage d'énergie et produisent une couche plus dure et
présentant une meilleure adhésion. Cette dureté accrue constitue de toute
évidence un avantage.
Cependant, le revêtement ne doit pas être trop rigide par rapport au
substrat. Les revêtements AR modernes sont par conséquent plus compatibles avec
des verres dotés d'une couche dure. Ce surcroît d'énergie permet également
l'application de couches supérieures hydrophobes. Un bon contrôle des processus
permet d'obtenir des revêtements de bien meilleure qualité avec l'ionisation.
La méthode par ionisation par plasma est encore plus avancée. Il s'agit d'une
forme encore plus énergétique de revêtement par ionisation. La principale
différence tient à ce que les matériaux de revêtement ne sont pas chauffes. Au
lieu d'utiliser l'évaporation, un métal est bombardé de molécules de gaz à haute
énergie. Les molécules de métal ainsi libérées se combinent à l'oxygène pour
former une couche d'oxyde AR.
Les verres non taillés ne sont pas forcément circulaires, surtout s'ils
doivent corriger un astigmatisme prononcé. Cela peut poser un problème, car les
molécules du revêtement se glissent entre le verre et le support et altèrent la
face intérieure du verre. Cette face doit parfois être masquée pendant
l'application d'un revêtement sur la face extérieure.
C'est pourquoi certains laboratoires de revêtement AR choisissent de traiter
les deux faces, et recourent à un porte-verre et à un mécanisme de retournement
automatique de manière à pouvoir traiter les deux faces du verre sans
manipulation manuelle.
REVÊTEMENT PAR PULVÉRISATION IONIQUE (SPUTTERING)
On injecte un gaz dans la chambre et une charge électrique "excite" les
molécules de gaz. Ces dernières viennent frapper le matériau de revêtement (un
bloc de métal) avec beaucoup d'énergie de manière que celui-ci se disperse sur
la surface du verre. Cette méthode est facile à contrôler et ne nécessite pas de
coûteux dispositif de réglage électronique à quartz. Ces machines sont plus
petites, meilleur marché, et mieux adaptées aux volumes de verres traités par
les petits laboratoires et les opticiens.
MÉTHODE SOL-GEL
Parmi les technologies nouvelles, une méthode par trempage permet d'appliquer
une couche AR de la même manière qu'avec les techniques utilisées pour la couche
dure. Disponible chez Couget sous le nom de Kelar, cette méthode exclut les
traitements large bande, en raison des problèmes pour créer des couches
multiples (contrairement aux techniques sous vide). Néanmoins, le fait qu'elle nécessite le même équipement que pour
l'application d'une couche dure par trempage et qu'elle soit nettement moins
chère peut la rendre intéressante dans certains cas.
REVÊTEMENT HYDROPHOBE
Les couches hydrophobes sont importantes, car elles contribuent à la propreté
des verres traités AR et réduisent l'abrasion. Elles sont en général appliquées
immédiatement après le revêtement AR dans la même chambre à vide. Pour les
machines de technologie plus ancienne, qui ne disposent pas de l'équipement
nécessaire, on peut acheter une chambre à vide spéciale pour l'application de la
couche hydrophobe.
Il existe une alternative aux méthodes sous vide qui consiste à placer les
verres dans une cuve (comme dans le procédé par trempage), puis à stabiliser le
revêtement hydrophobe par séchage dans un four.

L'AVENIR DU REVÊTEMENT
Une nouvelle technique fait son apparition, et pourra se révéler intéressante
une fois au point. Elle s'appuie sur une technologie déjà employée en dehors du
secteur de l'optique. On est en effet en train de développer des méthodes
analogues à celles utilisées pour l'application par vaporisation de revêtements
sur de grandes feuilles de verre à vitres, notamment dans le cas d'une
combinaison de couches dures, AR et hydrophobes. Il sera ainsi possible
d'utiliser des systèmes à tapis roulant, où les verres sont traités séparément.
Après les coûts de développement et d'investissement de départ, cette méthode
permettra vraisemblablement de réduire les coûts de traitement unitaires.
Satisloh
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