VERRES PHOTOCHROMIQUES
Le photochromisme
Depuis l'invention par Cormng des premiers verres photochromiques (1964), le
photochromisme s'est imposé comme une nouvelle caractéristique optique
importante : les verres photochromiques ont en effet la propriété de modifier de
manière réversible leurs capacités d'absorption selon l'action des rayonnements
lumineux.
Ils représentent donc la particularité de changer de catégorie de transmission
selon la luminosité ambiante.
Après une stagnation dans les années 80, les verres
photochromiques enregistrent un important regain de popularité, qui tient pour
l'essentiel aux progrès technologiques.
Ces verres ont Longtemps été disponibles uniquement en version minérale, mais
Les porteurs peuvent désormais apprécier La commodité offerte par La diversité
des photochromique s organiques et une palette de couleurs de plus en plus
étoffée.
VERRES PHOTOCHROMIQUES
On fabrique les photochromiques en ajoutant des substances sensibles aux UV aux
matériaux de base des verres. Ainsi traités, ces verres s'assombrissent à mesure
que l'intensité lumineuse s'accroît. Le processus s'inverse lorsque la lumière
diminue: le verre redevient clair II importe de dissocier leur fonction de celle
des verres solaires. Les photochromiques constituent plus une solution
polyvalente qu'une véritable protection contre le rayonnement solaire.
COULEURS
Tous les photochromiques sont teintés. Jusqu'à récemment, ils étaient proposés
en gris ou en brun. Cette palette limitée s'expliquait par les coûts de
développement élevés des verres photochromiques portant une teinte spéciale. On
s'efforce depuis peu de stimuler la demande des consommateurs en étoffant la
gamme des variations de couleurs. Suite au succès rencontré par le modèle
Transitions 'Green' en Europe, Transitions a introduit un vaste éventail de
teintes variables, en se concentrant sur les couleurs pastel à la mode, telles
que le bleu, le rose, le mauve, l'orange et le bleu/vert.
Dans la plupart des cas, les photochromiques satisfont aux critères de
reconnaissance des feux de circulation et sont généralement considérés comme
adaptes à la conduite de jour où le niveau de transmission minimum admissible
est de 8%).
Cependant, le seuil de transmission pour la conduite nocturne étant de 75-80%,
les porteurs de photochromiques doivent se méfier lorsque la luminosité est
faible. Le pare-brise réduisant la transmission des UV, les photochromiques ne
s'assombrissent pas complètement à l'intérieur d'une voiture. Les porteurs
doivent Être conscients que leurs verres ne s'activeront pas durant la conduite
et risquent de ne pas les protéger contre un éblouissement solaire intense.
Etant donné que tous les photochromiques actuels réagissent au rayonnement
ultra-violet, le porteur est protégé contre les UV lorsque ses verres sont
activés.
Mais cette protection n'est pas totale. En effet, ces verres laissent passer une
petite quantité d'UV-A (entre 380 et 400nm environ(. Cependant, la transmission
diminue
proportionnellement à l'intensité lumineuse. Les photochromiques réduisent
égaiement la quantité de lumière bleue visible (partie inférieure du spectre), à
laquelle une exposition prolongée peut être dangereuse.
TEMPS DE RÉACTION
La vitesse de réaction des photochromiques et la quantité de lumière transmise
dépendent toutes deux de la température. A des températures basses, la réaction
est plus lente, mais les verres s'assombrissent davantage
En
revanche, à des températures plus élevées, le temps de réaction augmente, mois
les verres ne deviennent pas aussi sombres (figure 1). Ces caractéristiques sont
plus perceptibles avec des verres organiques qu'avec des minéraux.
Les photochromiques minéraux existent depuis longtemps. Les plus connus sont
probablement Photogrey et Photobrown, de Corning. Ces verres
présentent une composition plus complexe que les verres blancs classiques, ils
comportent une forte teneur en oxydes de bore et de silicium, d'où leur nom de
"borosilicates". Ils comprennent des microcristaux d'halogénure d'argent, qui se
dissocient en présence de la lumière en particules d'argent et en colloïdes.
Ceux-ci forment la base des propriétés photochromiques. Ces verres existent en
différentes versions, en indice standard ou élevé.
La nature des cristaux d'halogénure d'argent garanti aux photochromiques
minéraux un fonctionnement de très longue durée. En revanche, pour les
organiques, en raison de la nature des molécules du matériau, les performances
diminuent après un certain temps. Cette dégradation dépend de plusieurs
facteurs, mais ne doit en principe pas être perceptible au cours des deux
premières années.

Nature du phénomène photochromique
Le photochmmisme* correspond à la modification réversible des caractéristiques
d'absorption lumineuse de certains matériaux sous l'action du rayonnement
lumineux (UV-A notamment).
La propriété des atomes d'argent de réagir à la lumière est connue depuis
longtemps avec le développement photographique. Mais dans cette application, le
processus n'est pas réversible. Par contre, les verres photochromiques, dont les
centres actifs sont également constitués par des atomes d'argent placés dans
l'environnement d'une structure vitreuse spécialement adaptée, peuvent évoluer
en permanence de l'état clair à l'état foncé.
Le mécanisme élémentaire qui correspond au passage de l'atome d'argent d'un état
à l'autre est représenté schématiquement ci-contre : sous l'action des
rayonnements UV-A ou des courtes longueurs d'onde du spectre visible, l'atome
d'argent modifie sa structure électronique externe en utilisant les électrons
rendus disponibles dans la structure vitreuse. En l'absence de ces rayonnements,
le système revient à son état initial.
Pour la plupart des verres photochromiques, la plage de transmission se situe
généralement dans une fourchette de 60%. La transmission va de 85% environ ;
l'état clair à 25% environ à l'état assombri pour les verres correcteurs. Des
matériaux photochromiques spéciaux sont disponibles dans des versions plus
sombres et peuvent faire office de verres solaires.

La figure 2 présente les caractéristiques de
transmission du Corning PGX (Photogray extra). Ce verre dispose d'une plage de
transmission classique pour les photochromiques, allant de 90 à environ 25%.
Les photochromiques organiques sont plus récents. En 1990, Transitions Optical a
été la première entreprise à fabriquer et à commercialiser des verres organiques
à teintes variables. Depuis lors, ce segment croît à un rythme soutenu. Déjà
disponibles dans une large palette d'indices et de formes, les produits
Transitions existent désormais en polycarbonate et dans des matériaux à indices
élevés. Tous les grands fabricants de verres proposent des Transitions. Ils
envoient les verres plans a laboratoires Transitions qui leur appliquent un
traitement photochromique.

Grâce aux Sunsensors, Corning est maintenant présent sur le marché des
photochromiques organiques Contrairement à Transitions, qui introduit des
produits chimiques aux vertus photochromiques dans un verre déjà coulé, Corning
fournit ces produits chimiques aux fabricants de verres.
Et les progrès technologiques sont loin de s'arrêter là. PPG Industries, à
l'origine de la technologie des verres Transitions, est en train de mener des
essais sur un processus photochromique entièrement nouveau.
Aux Etats-Unis, cette société lance un produit "électrochromique" baptisé
"Intelligent Optics Eyewear", résultat de plus de neuf années de recherches. Il
s'agit de lunettes à piles que l'on peut éclaircir ou assombrir en actionnant
eux petits boutons situés sur la charnière.
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