Nous sommes une famille
d'opticiens depuis trois générations et nous avons plusieurs centres
d'activités, en lunetterie, verres de contact, instruments optiques.
Nos artisans lunetiers
prouvant une fois encore leur talent et leur savoir-faire dans le travail d’un
matériau naturel très prisé mais très délicat : la corne de buffle véritable. La
beauté et la noblesse de la matière confèrent aux montures une dimension haut de
gamme incontestable. Les connaisseurs apprécient immédiatement cette belle
facture tout autant que la modularité des collections qui permet de nombreuses
associations entre les faces et les branches.
Pour les cornes de cerf,
la découpe et le procédé d’aplatissement sont encore plus compliqués et plus
lents à cause de la dureté de la structure interne des cornes. De plus, il est
de plus en plus difficile de se procurer des bois de cerf suffisamment larges
permettant la découpe d’une monture de lunettes. Les différentes variétés de
corne utilisées pour la fabrication proviennent de multiples sources: d’Inde et
d’Asie du Sud-est pour les buffles des rizières, d’Argentine pour les buffles
d’élevage, ou encore d’Europe du Nord pour les cornes de cerf.
La première étape de la
fabrication, en ce qui concerne les cornes de buffle, consiste à découper une
bande d’environ 8 centimètres de large à la base de la corne (là ou elle est la
plus large) puis de dérouler cette bande en l’aplatissant pour lui donner
l’aspect d’une plaquette rectangulaire d’environ 20 centimètres de long.
L’épaisseur de la plaque varie selon la race et l’âge des buffles, mais est en
général de l’ordre de 5 millimètres. L’aplatissement de la bande se fait par
échauffement et pression progressive, par groupe de 20 à 30 bandes à la fois. Ce
procédé d’aplatissement est très lent car il faut à tout prix éviter
d’endommager la structure interne de la corne. Cela peut prendre jusqu’à 6 mois.
Les plaquettes présentent toutes une couleur plutôt uniforme que rien ne
distingue entre-elles.
Une fois la sélection des
couleurs terminée, les plaques sont pressées ensemble selon un procédé unique et
breveté. Les lunettes utilisent, pour chaque monture, de très nombreuses
plaques (jusqu’à neuf épaisseurs) qui sont assemblées de telle sorte que leurs
fibres naturelles soient croisées. Ce procédé unique de fabrication garantit une
meilleure solidité de la monture ainsi qu’une meilleure résistance à la
déformation sur le long terme.
Après
l’affinage.
La couleur propre à chaque
corne sera révélée progressivement lors de l’étape suivante qui consiste à
affiner chacune des plaques en l’insérant manuellement entre deux disques de
polissage. Ce procédé doit être répété plus d’une vingtaine de fois afin de
pouvoir « découvrir » la couleur par transparence. De 5 millimètres avant
affinage l’épaisseur des plaques se trouve réduite à environ 0.5 millimètre, ou
moins dans le cas de couleurs ou de nuances plus rares.
Plaques de corne en attente d’affinage.
C’est la délicate étape de
composition des couleurs. Elle est conduite par le plus expérimenté des ouvriers
de l’atelier, qui comme un compositeur de musique, va déterminer la couleur de
chaque monture en combinant plusieurs plaques de couleurs et de nuances
différentes ensemble. Jusqu’à neuf plaques sont ainsi combinées pour obtenir les
couleurs et les nuances uniques qui font la réputation des lunettes.
De même que chaque corne
est unique en texture et en couleur, de même il est impossible de répliquer une
même couleur. Les lunettes sont toutes uniques, non seulement dans leur procédé
de fabrication et leur qualité de finition, mais aussi dans la richesse et
l’originalité des couleurs.
Une colle naturelle est
utilisée pour fixer les plaques ensemble. Cette colle naturelle a la propriété
d’absorber la couche extérieure de chaque plaque et ainsi de marier les couleurs
de chacune des plaques pour une harmonie parfaite. Ce « sandwich » est alors
pressé à une température modérée pendant un peu plus de 24 heures.
Les plaques sont enfin
prêtes à être transformées en lunettes.
La découpe des faces et
des branches de lunettes se fait en plaçant les plaques collées entre elles sur
un outil de découpe guidé manuellement, qui donnera une ébauche de la forme de
la face et des branches.
S’ensuit la délicate étape
de mise en forme dont chacune des phases est soigneusement et entièrement
réalisée à la main, avec pour seuls outils une lime et une roue de polissage.